Les cellules LIE présentent-elles une interférence avec le CO2 ?

Les cellules LIE présentent-elles une interférence avec le CO2 ?

Dave Wagner | vendredi 26 juin 2020

Un pompier professionnel qui collabore de longue date avec Industrial Scientific m'a montré une vidéo cette semaine. 

Des pompiers de Phœnix, en Arizona, avaient dû intervenir dans un fast-food car un employé s'était évanoui alors qu'il remontait de la cave. Après avoir failli eux-mêmes perdre connaissance, les pompiers ont constaté avec étonnement que les cellules explosimétriques de leur détecteur avaient relevé des valeurs élevées de ce qui s'est plus tard avéré être du dioxyde de carbone. Donc clairement pas un gaz combustible.  Les cellules LIE présentent-elles donc vraiment une interférence avec le CO2 ?

Eh bien, pas dans le sens où nous l'entendons habituellement ave les autres cellules de gaz. Les cellules LIE sont typiquement formées de deux bobines de fil très fin. La résistance de ces bobines change à mesure qu'elles chauffent et brûlent le gaz. Le changement de résistance résultant du changement de température génère un signal correspondant à la concentration de gaz mesurée. Si la conductivité thermique de l'atmosphère change sans qu'aucun gaz combustible ne soit présent, la résistance des bobines de la cellule change également. Ainsi, si un gaz est présent en quantité suffisante pour faire dévier de la normale la conductivité thermique de l'atmosphère, la résistance des bobines va changer et une mesure de gaz combustible s'affichera. Il est important de noter que, dans cette situation, la mesure de la cellule explosimétrique peut être soit positive soit négative.

Les pompiers ont indiqué avoir enregistré une mesure d'oxygène de 17,3 % sur leur appareil. On peut déduire de cette mesure que la concentration en carbone dioxyde était de l'ordre de 17,5 %. Cette concentration est clairement assez élevée pour modifier la conductivité thermique de l'atmosphère et produire un effet sur la cellule LIE.

Dans ce cas, il faut également noter qu'en raison du niveau élevé de dioxyde de carbone, la cellule d'oxygène a probablement relevé une concentration de gaz supérieure à la valeur réelle du fait de l'interférence du CO2. En réalité, dans cet exemple, la concentration réelle en oxygène était certainement plus de l'ordre de 15-16 pour cent et la concentration en CO2 de 23-28 pour cent, et les concentrations en oxygène et en dioxyde de carbone présentaient toutes deux un très grand danger.

Dans un cas comme celui-là, comprendre les réactions des différentes cellules est primordial pour évaluer correctement la situation et prendre des mesures adaptées. Hormis le fait qu'ils soient descendus à la cave sans détecteur alors qu'ils suspectaient un problème, ces pompiers ont agi comme il fallait. Morale de l'histoire : quand une alarme se déclenche sur un détecteur de gaz ou que vous pressentez que quelque chose ne va pas, QUITTEZ LES LIEUX d'abord et réfléchissez ensuite.

Bonne journée et soyez prudent !

Dave